Le Cameroun et la ZLECAf:

Dans la perspective de l’entrée en vigueur de l’Accord en juillet 2019, le pays s’est doté d’une stratégie de mise en œuvre, élaborée suivant un processus participatif avec une implication forte de toutes les sensibilités sociales (administrations, secteur privé et société civile). La « stratégie nationale de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine » dégage les axes stratégiques d’intervention ci-dessous :
– L’appropriation de l’Accord sur la Zone de Libre-échange Continentale Africaine par les différentes parties prenantes nationales; à travers notamment le renforcement des capacités de tous acteurs de la chaîne logistique internationale, et la vulgarisation des supports de communication à concevoir;

– La révision du cadre juridique et institutionnel, avec en bonne place la création d’une Agence de Promotion des exportations et le renforcement des capacités de la diplomatie économique du pays ;

– L’amélioration qualitative et quantitative des infrastructures économiques et commerciales et en faciliter l’accès (réduction des coûts des facteurs); il est attendu par exemple une densification de la fibre optique et la mise en œuvre et l’entretien des voies de communication liant le pays aux voisins proches ;

– La réduction des barrières tarifaires et non tarifaires ainsi que tous les obstacles au commerce, en rationalisant les contrôles aux corridors transfrontaliers, et en encourageant activement la coopération centrée sur l’harmonisation des normes de qualité à l’échelle sous régional et régional.

La promotion de la production et la transformation des produits primaires, en encourageant les capacités de production innovantes à valeur ajoutée afin d’avoir des excédents à exporter, en améliorant davantage l’environnement des affaires
– Le développement des chaînes de valeurs transfrontalières et continentales, en favorisant par exemple des rencontres entre les entrepreneurs des différents pays

– La priorisation des échanges avec le Nigeria et la CEEAC, qui sont des marchés de proximité pouvant servir de tremplin vers des marchés plus éloignées.
– La mise sur pied des mesures de veille économique
– La création d’une banque de financement du Commerce
– Le dispositif mise en œuvre et de suivi-évaluation, avec notamment des propositions pour la mise en place d’un comité national ZLECAf.
Afin de bénéficier des opportunités offertes par cette vaste zone d’échanges commerciaux, opérationnelle depuis le 1er janvier 2021, le Cameroun entend améliorer la compétitivité de ses entreprises dans les filières susceptibles d’être des moteurs de croissance, miser sur la transformation locale de ses matières premières et s’appuyer sur le respect des normes internationales pour stimuler ses exportations, grâce à un secteur privé plus dynamique et ambitieux. Celui-ci devra promouvoir l’implication de ses Petites et Moyennes Entreprises dans les chaînes de valeurs continentales et mondiales, l’employabilité de la jeunesse et l’autonomisation des femmes camerounaises.

En effet, Les PME camerounaises représentent plus de 90 % du tissu économique du pays pour une contribution de 34 % au Produit Intérieur Brut (PIB) ; elle demeurent un moteur de l’économie nationale, avec à leur actif, 54 % de création d’emplois et 14 % de la valeur ajoutée globale.

Le nouveau document de stratégie, « Stratégie nationale de développement (SNRD) 2020-2030 (SND30°» repose sur la diversification de l’économie à travers des politiques industrielles et des indicateurs crédibles pour la croissance et l’emploi (DSCE). La stratégie d’industrialisation, pilier central de la transformation structurelle, sera implantée à travers neuf sous-secteurs industriels moteur que sont, l’énergie, l’agro-industrie, le numérique et les filières forêt-bois, textile-confection-cuir, mines-métallurgie-sidérurgie, hydrocarbure-pétrochimie-raffinage, chimie-pharmacie et construction-services-professionnels-scientifiques-techniques. Cette nouvelle stratégie constitue une opportunité pour le secteur privé afin qu’il accède graduellement à des nouveaux marchés, aux transferts de technologies, à l’investissement direct étranger et aux financements innovants. Ces outils ont également pour objectif de réduire les coûts des intrants afin que l’entreprise camerounaise soit à même de proposer des produits transformés, diversifiés et de haute qualité, capables de répondre non seulement à la demande nationale mais également aux besoins du marché continental.